AUTHON. Entre Loir et Loire

Authon, village de 709 habitants, les authonais (ou authonois) et les authonaises, est situé dans la gâtine tourangelle entre le Loir et la Loire.
Le mot Gâtine, dérivé du verbe gâter, tient son étymologie du latin vastare qui signifie dévaster. Il est vrai que les gâteries peuvent être dévastatrices pour les dents et que les enfants gâtés peuvent aussi avoir des comportements dévastateurs. Mais ce terme s'appliquant à une région désigne (d'après le Dictionnaire ROBERT) une terre marécageuse et stérile, par suite de l'imperméabilité du sous-sol.
Ce plateau est aujourd'hui constitué d'une terre riche, limoneuse et argileuse où les sables et les argiles à silex ont, par endroits recouverts le calcaire.
Le défrichement, (dévastateur) des forêts, l'amendement des Landes et l'assèchement des marécages en ont fait une bonne terre arable.
Le Loir, rivière nonchalante aux nombreux méandres, rejoint la Sarthe, qui à l'aide de la Mayenne forment le Maine pour se jeter dans la Loire, plus capricieuse, à ANGERS.

Au nord d'Authon, la vallée du Loir, le Vendômois, de Vendôme à Couture sur loir, recèle des trésors d'architecture, de peintures, de gastronomie, dans un terroir de douceur et de finesse.

Au sud d'Authon, la vallée de la Loire est la 3ème région de tourisme culturel en France après Paris et la région PACA (Provence Alpes Côte d'Azur), drainant ainsi des millions de visiteurs par an, qui viennent surtout voir les Châteaux. Il est vrai qu'ils ne sont pas déçus par la quantité ni par la qualité, car on dénombre plus de 1000 châteaux et manoirs dans cette région qui fut aussi le berceau de la première Renaissance française.

Le Vendômois par contre est peu connu alors qu'il recèle des trésors culturels et artistiques qui fascinent tous ceux qui s'aventurent hors des sentiers battus à la découverte d'autre chose que les monuments phares. C'est en effet un des berceaux de la poésie française avec Pierre de RONSARD et ses amis de la pléiade et surtout un ensemble de chefs d'œuvres majeurs avec les nombreuses peintures murales de la première moitié du XIIème siècle.

La vallée du Loir

La vallée du Loir nous offre non seulement une image et des atmosphères de douceur et de tranquillité, lieu idéal de vacances paisibles, mais aussi surtout un patrimoine médiéval exceptionnel qui s'explique par la combinaison de plusieurs facteurs.
Le comté de Vendôme a été en possession de puissantes maisons féodales du XI ème au XVI éme siècle avec entre autres, le futur roi Henri IV et son fils illégitime César de Vendôme.
Axe important de circulation sur l'un des chemins vers Saint Jacques de Compostelle, de nombreuses églises témoignent de cette foi et de cette ferveur avec de magnifiques fresques et peintures murales.

Vendôme d'origine gauloise, peut être fière de son passé prestigieux, de la beauté et de la douceur des méandres du Loir qui la traverse. C'est dans le château de Vendôme que furent enterrés les parents du roi Henri IV.
 Vendôme garde le souvenir de la grandeur de l' abbaye de la Trinité fondée dès le XI ème siècle, dont l'église abbatiale principalement de style gothique flamboyant domine une partie du paysage urbain. Toute en verdure, la ville illustre bien la quiétude des bords du Loir aux nombreux méandres. Le collège des oratoriens eut parmi ses illustres élèves, Rochambeau, Decazes et surtout
Honoré de Balzac, qui nous en parle longuement dans la " Comédie humaine ".
En suivant le Loir sur les pas des pèlerins vers Saint Jacques de Compostelle, en Espagne, on découvre de nombreuses églises dans des villages idylliques, à travers vignes, jardins, coteaux de tuffeau aux nombreuses habitations troglodytiques.
Villiers sur Loir, surtout connu pour sa gare de TGV qui nous porte à seulement 40mn de Paris, où s'est installée la romancière Irène Frain, abrite des peintures murales du XVI ème siècle dans son église Saint Hilaire. Non loin de là le château de Rochambeau et Thoré la Rochette valent le détour. Un peu plus loin Lavardin est classé comme un des plus beaux villages de France, avec les restes de son immense château fort dominant la vallée, ses nombreuses maisons typiques et l'église Saint Genest aux peintures exceptionnelles.

Quand on passe par Montoire, on ne peut s'empêcher de penser à la poignée de main historique entre Pétain et Hitler le 24 octobre 1940 sur le quai de la gare, mais on oublie souvent que la petite chapelle saint Gilles dont Pierre de Ronsard fut le prieur renferme des fresques exceptionnelles du début du XIIème siècle.
Une des étapes les plus fascinantes est le parcours vers Troo avec ses nombreux manoirs et châteaux. De l'église Saint Jacques des Guérets riche d'une composition de treize peintures murales du XII ème siècle destinées à l'édification des fidèles on peut admirer le site avec la collégiale saint Martin sur son rocher habité par de nombreux troglodytes et d'ou l'on jouit d'une vue imprenable. Un peu plus loin vers Couture sur Loir, le manoir de La Possonnière a vu naître Pierre de Ronsard en 1524 et fut le lieu de son enfance entre forêts et prairies. Quand on parle des pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle cela nous paraît bien loin. Il est vrai que la foi et la ferveur qui
animaient les pèlerins pour entreprendre un long voyage non sans danger, demandait des ressources physiques et économiques assez importantes et pouvait durer de nombreux mois. A cette époque, on parcourait environ 35 km par jour, à pied ou à cheval, mais les pèlerins ne recevaient pas toujours nourriture et logis aux nombreuses étapes. Les plus pauvres devaient parfois s'arrêter de longues périodes pour un travail temporaire afin de financer leur expédition.

Il y a deux ans, un soir d'été une hollandaise d'une soixantaine d'année frappa à ma porte pour me demander asile alors qu'elle se dirigeait vers Saint Jacques de Compostelle. Heureux de la recevoir, nous avons passé une grande partie de la soirée à discuter et cela m'a un peu replongé quelques siècles en arrière, m'imaginant les échanges d'informations, les nombreuses rencontres, qui se faisaient tout au long du périple des pèlerins. A l'heure actuelle, il existe un certain renouveau pour les longs voyages à pied…
Le plus important est-il d'atteindre un but ou bien le voyage par lui-même ?

La vallée de la Loire

Pourquoi y a t-il tant de châteaux dans la vallée de la Loire ?

Surtout parce que les rois de France y on séjourné pendant près de 150 ans, du XV ème à la fin du XVI ème siècle ; que les rois ont fait construire de nombreux châteaux et que les courtisans ont fait de même près du château royal.

Pour le comprendre il faut remonter au début du XV ème siècle pendant la guerre de cent ans. Alors que la France du Nord de la Loire était occupée par les troupes du roi d'Angleterre, ennemi du roi de France, Charles VII, jeune Dauphin, vint se réfugier au Sud de la Loire resté encore fidèle.


C'est dans la forteresse de Chinon , que Jeanne d'Arc vint rencontrer le jeune Dauphin et une partie de sa cour pour lui proposer de libérer la France des Anglais et de le faire sacrer à Reims.
( Chinon fut d'ailleurs capitale du royaume d'Angleterre dès 1152, à l'avènement du roi Henry II Plantagenêt, puis de ses fils Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. C'est pourquoi on peut voir leurs gisants dans l'église abbatiale de Fontevrault )
Après la libération d'Orléans en 1429 puis le sacre du roi ; Charles VII trouvant qu'il faisait bon vivre dans le val de Loire, décida de s'y installer avec sa cour. Il est vrai que cette position centrale était idéale pour gouverner le royaume.
On voit apparaître de nombreuse forteresses aux alentours des châteaux royaux et le roi épris de la belle Agnès Sorel fait de nombreux séjours à Loches, Tours, Amboise, Bourges…
Le fils du roi, le futur Louis XI, fâché avec son père, quitte la cour de Bourgogne où il s'était réfugié chez son oncle, dès qu'il apprend la mort du roi Charles VII, pour venir s'installer en Touraine , lieu de sa jeunesse. Il élit tout d'abord résidence à Amboise puis fait construire plus tard un magnifique château prés de Tours à Plessis lez Tours où il passera les dix dernières années de sa vie avant d'y mourir en 1483.

Son fils Charles VIII lui succède, né à Amboise il y reste et fait agrandir le château après son mariage avec Anne de Bretagne à Langeais et c'est d'Amboise qu'il part pour l'Italie. A son retour il crée la première école de la Renaissance. Mais à la veille de la Pâques fleurie de l'an 1498, le roi se cogne le front contre le linteau d'une porte basse de son château et en décède quelques heures plus tard…
Sa veuve Anne de Bretagne suit son contrat de mariage et épouse Louis XII le cousin et successeur de Charles VIII ; de cette façon la Bretagne reste unie à la France.
Louis XII né à Blois y reste et embellit le château de son enfance. De nombreux hôtels particuliers sont construits dans la ville et quelques châteaux aux alentours.

François 1er, son cousin et successeur, devient roi le 1er janvier 1515, il continue la conquête de l'Italie et grand bâtisseur, fait construire de nombreuses demeures dont la plus prestigieuse est le château de Chambord, rêve de pierres qui continue de séduire plus d'un million de visiteurs chaque année.
Sous le règne de François 1er, la cour qui est itinérante et suit le roi dans ses nombreux déplacements de château en château, est devenue très nombreuse, environ 5000 personnes. La conjoncture économique est bonne et les constructions vont bon train. Des financiers, par le détournement d'une partie des recettes royales, font construire parmi les plus belles demeures comme Thomas Bohier à Chenonceau et Gilles Berthelot à Azay le Rideau.

Henri II et Catherine de Medicis séjourneront souvent dans le val de Loire ainsi que leurs enfants François II, Charles IX et Henri III qui trouvaient havre et refuge dans cette région pendant le tumulte des guerres de Religion. Henri IV s'installera à Paris et au XVII ème siècle, Gaston d'Orléans est à Blois, le Duc de Luynes à Langeais et Luynes et de nombreux Comtes, Duc et Marquis vivent confortablement de leurs terres. Hurault de Cheverny fera reconstruire son château, un des grands rendez-vous de chasse à courre comme elle se pratique encore aujourd'hui dans toute la région.

Au XVIII ème siècle le Duc de Choiseul en Exil à Amboise fait construire un véritable petit Versailles avec son palais de Chanteloup. Ce château a subi le sort de beaucoup d'autres demeures à la révolution française, vendu et démantelé par les bandes noires, sortes de promoteurs immobiliers sans scrupules.

Enfin il faudra attendre la Belle époque du XIX ème siècle pour revoir fleurir nombre de constructions et surtout les restaurations de toutes ces demeures historiques avec une première conscience des richesses de notre patrimoine, grâce à Prosper Mérimée alors Inspecteur des monuments historiques.