La randonnée du Rail Pascal Mermillod

Nouvet

La gare d'Authon en activité
Cette randonnée emprunte un segment de l’ancienne ligne SNCF, construite en 1887, reliant autrefois Sargé/Braye à Vouvray. En 2005, la CCBG a racheté une portion continue de cette ligne en vue d’en faire le chemin pédestre que vous allez emprunter aujourd’hui. Sur une longueur d’environ 3 km cette ancienne ligne de chemin de fer, occupant une superficie d’environ 14 ha, part du centre bourg d’Authon et rejoint le GR335 aux confins du village de Neuville sur Brenne. Ce GR étant maintenant inscrit dans les chemins de Saint Jacques de Compostelle, les pèlerins le fréquentant, comme les promeneurs, peuvent profiter de cette randonnée du rail pour passer se ravitailler à Authon sans faire de grands détours. En effet, le GR quitte le village de Villechauve par la D71 qu’il emprunte jusqu’au lieu-dit « Blanchamp ». A cet endroit, dans un virage, le GR quitte la route pour s’enfoncer dans les bois. Vous pouvez alors continuer la D71 jusqu’à Authon (environ 2 km), profiter de ses commerces (boulangerie, café, tabac, hôtel, restaurant, boucherie le samedi) ou vous reposer et pique-niquer sur « Les Allées », majestueux espace de verdure, calme et reposant, entre l’église et la mairie. Vous pourrez ensuite reprendre votre route en empruntant la « randonnée du rail » qui rejoint le GR335 au bout de 3 km de ballade, soit environ une heure (compter 1h30 pour l’aller-retour), si vous prenez le temps d’admirer la faune et la flore qui borde ce couloir de verdure. Votre passage dans le joli bourg d’Authon vous aura donc valu tout au plus 2 km de détour et, outre le ravitaillement et la visite du village, vous aurez eu un aperçu condensé de sa richesse naturelle.

Départ
Un panneau signale le départ
À Authon, prendre la direction de Prunay-Cassereau. En quittant le village, on passe sous un pont, qui supportait autrefois la ligne SNCF. Si avant de passer ce pont, on suit la ligne sur quelques dizaines de mètres en remontant la rue, on apercevra la gare d’Authon, aujourd’hui transformée en habitation. Cette gare fut désaffectée peu après la seconde guerre mondiale. Conservée pour le trafic de marchandise desservant le silo d’Authon, la ligne fut supprimée et démantelée en 1987, après un siècle de fonctionnement.Pour gagner la randonnée, franchir le pont et monter sur la butte à droite. Avant de monter sur cette butte, un panneau indicateur schématise le trajet de la promenade.



Trajet
Le centre bourg d'Authon
La ligne SNCF traversait une bonne partie du village en surélévation. C’est donc d’en haut que l’on peut apercevoir, au travers des frondaisons, les habitations riveraines situées entre la ligne SNCF et la rue Creuse. On est immédiatement accueilli dans un paysage de verdure parsemée des taches jaunes d’or des genêts. On se rend immédiatement compte de la richesse végétale et animale de ce biotope de taillis et de taillis sous futaies, véritable réserve naturelle linéaire. Après quelques dizaines de mètres, la traversée du pont enjambant la D71 (route de Villechauve), permet au travers d’une trouée dans la végétation, de découvrir le centre du bourg d’Authon.



Le chemin longe ensuite le lotissement de Villefrain, ce qui permet d’admirer le fleurissement des jardins bordant la promenade. Le passage sous le pont de la route de Villefrain marque ensuite l’arrivée dans un passage plus sauvage, où l’on pourra toutefois trouver quelque « cabane » construite par les enfants du lotissement des Acacias qui trouvent dans cette ligne les buissons propices à de grandes aventures.

Un couloir de verdure
La ligne chemine ensuite au travers des plaines de culture. Encadré de murs de végétation dense, le promeneur sera baigné des couleurs et senteurs florales de la saison. Quelques ouvertures, dans cet environnement verdoyant, lui permettront de découvrir les paysages voisins. Bois, terres agricoles, jachères, paysages de pleine nature, regorgeant de vie. Les oiseaux sont légions sur le parcours. Les merles se jettent d’un côté à l’autre de la voie en lançant leur cri strident et les geais laissent ça et là entrevoir leur plumage bariolé. De nombreux passereaux égayent les buissons de leurs chants vigoureux : mésanges, pinsons, chardonnerets, linottes mélodieuses, rouges-gorges virevoltent dans ce biotope riche. Les turdidés sont nombreux : merles, grive musicienne, mauvis, draine, litorne. Quelques loriots seront visibles à la belle saison, ainsi que la huppe fasciée. Les pics (vert, noir, épeiche et épeichette) travaillent d’arrache-bec sur les vieilles écorces, accompagnés des sitelles et grimpereaux, gourmands des insectes vivant sur les arbres. Le râle des genêts s’est fait rare, mais on peut encore le surprendre au détour d’un chemin de traverse. Avec un peu de chance, on pourra apercevoir des perdrix, rouges ou grises, en quête de nourriture sur ce chemin sauvage. De nombreux lapins vivent dans les talus. Il faudra déployer des ruses de Sioux pour les apercevoir, mais le promeneur pourra sans difficulté apprécier leur présence grâce aux traces de grattage qu’ils laissent un peu partout. Des traces sont en effet visibles en quantité : chevreuil, sanglier, renard ou blaireau. Parfois même un cervidé qui traverse la ligne en changeant de territoire forestier. Après un second pont (le pont « Pastor »), quelques passages au travers des talus bordant la voie permettront des incursions dans les terrains voisins ou avec un peu de chance et beaucoup de discrétion, on pourra surprendre quelque chevreuil au gagnage.
Pommier sauvage



Le chemin passe sous un troisième pont : le pont de la « Rocherie ». Après environ 200m, une trouée sur la droite permet de descendre vers un petit champ en bordure de bois et de découvrir un passage d’eau, à la voûte en pierres de taille, dont le sol meuble est un registre où s’inscrivent les pattes de tous les animaux fréquentant cet endroit. Ce pont est caché derrière un mur de végétation que seul le promeneur aventureux aura l’idée de franchir. On rejoint bientôt la Départementale 9 qui relie Authon et Château-Renault. Le passage de cette route se fait au niveau d’une ancienne maison de garde-barrière, aujourd’hui habitée par des particuliers.
               

Taillis sous futaie
A partir de cet endroit, le paysage de taillis épais fait place à des futaies ou taillis sous futaies, dont les frondaisons forment une voûte ininterrompue, permettant de progresser à l’ombre et dans la fraîcheur. Au lieu-dit « Nouvet », on passera sur deux ponts espacés d’environ 200m, du sommet desquels on aura la chance d’apercevoir sur la droite le domaine de l’Etoile et vers la gauche le village de Neuville sur Brenne. Le premier de ces ponts enjambe un chemin rural et le second, une petite route de campagne. Entre les deux, sur la gauche, une brèche a été ménagée afin de permettre au promeneur de descendre admirer le Rondy, petite rivière qui traverse l’ancienne ligne sous un joli pont. Une voûte splendide de pierres de taille accroche les rayons du soleil et le ruisseau court gentiment sur un pavage de pierres plates. Avec un peu de chance, on apercevra l’éclat bleuté d’un martin pêcheur ou le reflet argenté d’une truite. Le Rondy se jette ensuite dans la Brenne toute proche.
Le Rondy


Quelques centaines de mètres après le second des ces ponts, le sentier se termine au niveau d’un cabanon auprès duquel est apposé la même pancarte qu’au départ. À cet endroit, le sentier rejoint le GR335 qui emprunte le chemin longeant l’ancienne ligne. En même temps que la ligne SNCF, le promeneur quitte également le territoire de la commune d’Authon et le Loir et Cher, pour pénétrer sur la commune de Neuville, en Indre et Loire. Avant de reprendre son chemin, le promeneur curieux pourra redescendre la petite route sur la droite à la sortie de la ligne pour faire un petit détour afin de découvrir la vallée de Nouvet toute proche, où le Rondy rencontre la Brenne. Il faut passer sous le pont de l’ancienne ligne puis par le passage à niveau de la ligne SNCF en fonctionnement, admirer la vallée et son moulin , se rafraîchir au bord de l’eau avant de reprendre le chemin inverse pour retrouver le GR.

Recommandations
Le territoire traversé ayant vocation de réserve naturelle, les promeneurs sont priés instamment de ne pas y jeter de détritus et de conserver cet endroit dans un état de propreté qui fera le bonheur des visiteurs suivants.

Au passage des ponts, dans les pierrailles, on aura l’occasion d’apercevoir de nombreux batraciens et reptiles : crapauds, grenouilles, salamandres, lézards, lézards verts, orvets, couleuvres et vipères. Ces dernières étant assez nombreuses, il est recommandé de ne pas laisser les enfants jouer dans les talus ou les empierrements et de tenir les chiens en laisse, sous peine de morsure sévère. En cas de morsure de vipère, pour un humain, ne pas hésiter à appeler les secours (18 sur votre téléphone). Pour un animal de compagnie, se rendre chez le vétérinaire le plus proche (cabinet St Riquier, à l’entrée de Château-Renault en venant d’Authon, 02 47 56 95 23).

       

Projets
Outre l’entretien normal de cette promenade assuré par la commune d'Authon (Jean-Claude Lefèvre, employé communal), la Communauté de Communes de Beauce et Gâtine étudie les possibilités d’aménagements permettant la mise en valeur de la richesse naturelle du site (panneaux explicatifs de la faune et de la flore). D’autres aménagements (parcours sportif, aire de pique-nique) sont également à l’étude, de même que la valorisation et la sécurisation de certains points (aménagement des accès, découverte des ponts). Certaines personnes ont jugé la rerpise de l'entretien de cet espace vert trop importante, voir destructrice. Nous avons jugé au contraire qu'un entretien sévère était nécessaire pour permettre ensuite l'entretien mécanique régulier (ce chemin fait plus de 4 km de long, il ne serait pas possible de l'entretenir manuellement), pour revigorer la végétation bien fatiguée par endroit et surtout pour rendre ce chemin bien pratiquable pour les promenades familiales qu'il accueille. Par ailleurs, il faut reconnaître que nous avons eu beaucoup plus de félicitations que de récriminationns à ce sujet.