Des orchidées à Authon… David Greyo

Orchis mascula

Orchis purpurea

Himantoglossum hircinum

Platanthera chlorantha

Dactylorhiza maculata subsp. ericetorum

Listera ovata

Les orchidées ne sont pas uniquement des plantes exotiques ou des cultivars1 que vendent les fleuristes. Plusieurs espèces poussent en France et notre commune en recèle quelques spécimens.
On compte actuellement 150 espèces en France dont 52 sont présentes en région Centre. Ces espèces se répartissent au sein de trois principaux types de milieux que sont les pelouses2 calcaires, les zones humides et pour moindre mesure les boisements.
Authon, du fait de sa géologie, présente des milieux favorables à certaines orchidées que l'on peut trouver sur le territoire de la commune :

  • L'Orchis mâle (Orchis mascula)
    Assez fréquente dans la région, c'est l'orchidée la plus visible de nos espèces. Elle est appelée " Pentecôte " parce qu'elle poussent entre avril et mai. Elle se trouve souvent sur les bords de routes et se reconnaît très facilement à sa coloration rose foncé et ses feuilles souvent tachetées.  

  • L'Orchis pourpre (Orchis purpurea)
    Espèce de pleine lumière que l'on trouve sur sols calcaires, son inflorescence pourpre perchée sur une tige de plus de 30 cm de haut en fait une orchidée très facile à voir. Répartie sur l'ensemble de notre région, c'est une espèce assez fréquente qui est surtout menacée de disparition du fait de sa cueillette.



  • L'Orchis verdâtre (Platanthera chlorantha)
    Cette espèce répandue dans notre région se trouve entre mai et juin en bordure des boisements calcaires. C'est une plante discrète dont la fleur est blanche, contrairement à ce que pourrait laisser entendre son nom.

  • L'Orchis bouc (Himantoglossum hircinum)
    Cette plante qui tient son nom de la forte odeur qu'elle dégage est la plus grande de nos espèces puisqu'elle peut mesurer jusqu'à 1,20 m de hauteur. Elle pousse sur des sols calcaires bien ensoleillés. On la trouve ainsi parfois sur les talus de bords de routes. Il s'agit d'une espèce présente sur l'ensemble de notre région.



  • L'Orchis des bruyères (Dactylorhiza maculata subsp. ericetorum)
    Cette plante peu fréquente sur l'ensemble de la région affectionne les prairies naturelles humides et parfois les fossés sur sols acides. C'est une espèce menacée par la destruction de ses milieux dont de nombreux sites ont déjà disparu.


  • La Listère à feuilles ovales (Listera ovata)
    Cette espèce est assez commune dans notre région. De couleur entièrement verte, elle est discrète malgré sa taille pouvant atteindre plus de 60 cm, elle se rencontre préférablement dans les milieux calcaires ombragés.



    Ces six espèces constituent les orchidées actuellement recensées sur la commune. D'autres sont probablement présentes et des prospections seraient à faire pour connaître l'ensemble des espèces d'Authon. Des inventaires du début du 20ème siècle signalaient de nombreuses espèces à Authon dont la plupart ont disparues. En effet même lorsqu'elles sont communes sur notre région, les orchidées sont des espèces menacées et c'est pourquoi toutes les espèces françaises sont protégées. Le principal facteur de disparition est lié à la destruction de leur milieu de vie soit par drainage ou retournement des prairies humides soit par labour ou embroussaillement des pelouses calcaires. Ce sont des espèces également très sensibles aux engrais et aux herbicides dont l'usage les fait disparaître.

    Afin de conserver les espèces encore présentes sur notre commune une gestion adaptée est nécessaire. Les espèces de pleine lumière seront conservées soit grâce à une fauche (ou tonte), de préférence en ramassant l'herbe, soit par un pâturage extensif pour de grands sites. La fauche doit n'être faite qu'une seule fois dans l'année et de préférence en septembre. Cette gestion aisée à mettre en place sur une partie de son jardin ou sur des talus de bord de route garantira le maintien des orchidées et sera également favorable à de nombreuses autres plantes et insectes. Les milieux trop embroussaillés seront ouverts puis fauchés de la même manière. Les espèces liées aux milieux humides seront conservés par le maintien du milieu et l'entretien par une fauche tardive (après le 15 juin pour des prairies agricoles) en automne ou en hiver pour des prairies ou des bords de routes sans valeur fourragère.

    Enfin, sachez que la cueillette est interdite et que les transplantations dans les jardins ne marchent pas du fait de l'association avec un champignon particulier nécessaire aux orchidées pour leur développement. Pour les observer, il faut donc les chercher dans les milieux naturels et se contenter d'une photographie pour en conserver le souvenir.

    GREYO David
    lefevre-greyo@infonie.fr

    Notes :
    1. Espèces issues d'hybridation créées pour la commercialisation et qui n'existent pas en milieu naturel
    2. Le pelouse en écologie est une végétation qui reste naturellement rase du fait des conditions difficiles de développement liées au manque de nourriture, à un climat rude ou à une érosion rapide des sols. Dans notre région, les pelouses sont surtout présentes sur les coteaux calcaires ou sur les sols sableux.

    Photos extraites de l'ouvrage : Les orchidées sauvages de la région Centre (A. BERGER, T. GAYAT, D. GREYO, JC ROBERDEAU, C. SURAND)

    Pour en savoir plus :
    Les ouvrages

  • Collectif, 2002 - Les orchidées sauvages de la région Centre. SOCL, 190p.
  • Bournérias M., 1998 - Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg. Coll. Parthénope éd. Biotope, 416p.
  • Delforge P. 1994 - Guide des orchidées d'Europe, d'Afrique du Nord et du Proche Orient. Delaschaux & Niestlé, 480p.
    Les associations
  • Société Française d'orchidophilie (SFO) - 200, rue de la Croix, 45160 Saint-Hilaire-Saint-Mesmin.
  • Société d'orchidophilie Centre Loire (SOCL) - 200, rue de la Croix, 45160 Saint-Hilaire-Saint-Mesmin.